Le battle est le format qui fait la salle et c'est aussi celui qui produit le plus de contestations. La raison est simple, il n'y a pas de chiffre à opposer. En endurance on compte des répétitions, en streetlifting on regarde une charge. En battle on regarde deux passages et on tranche.

Noter ou départager, ce n'est pas le même geste

En freestyle classique chaque juge attribue une note par critère, et les notes s'additionnent. En battle, le juge répond à une seule question, lequel des deux a été meilleur. Il ne remplit pas une grille, il lève une main, ou dans les faits il appuie sur un bouton depuis son téléphone.

Ce choix a une conséquence directe sur la composition du panel. Un panel pair peut se bloquer à deux contre deux. Trois juges donnent une majorité dans tous les cas, cinq donnent une majorité plus solide et diluent le poids d'un juge isolé. Au-delà de cinq vous gagnez peu et vous compliquez le recrutement.

Les critères, écrits et publiés avant

Un juge qui départage sans critère écrit départage sur son goût, et les athlètes le sentent immédiatement. Trois critères suffisent et se retiennent, la difficulté de ce qui a été tenté, la propreté de l'exécution, et l'originalité de l'enchaînement.

Ajoutez la règle de l'échec. Un athlète qui tente une figure très difficile et la rate doit-il passer devant celui qui a réussi une figure plus simple. Il n'y a pas de bonne réponse universelle, mais il y a une réponse à écrire avant l'événement. La plupart des règlements font primer la réussite, en valorisant la tentative dans le critère de difficulté.

Le déroulé d'un duel

ÉtapeCe qui se passePoint d'attention
Le tirageLe tableau se remplit depuis la qualificationSéparer les athlètes du même club au premier tour
Le passageChaque athlète a son temps, en alternanceAnnoncer le temps restant à voix haute
Le voteChaque juge désigne un vainqueurLe vote reste caché jusqu'à ce que tous aient voté
L'annonceLa majorité l'emporteAnnoncer le résultat, pas le détail des votes
La montéeLe vainqueur passe au tour suivantLe duel suivant se place dans l'ordre de passage

Le vote caché, et pourquoi il compte

Si les juges votent à main levée les uns après les autres, le troisième vote suit le premier. C'est humain et cela n'a rien à voir avec l'honnêteté. Un vote qui reste invisible jusqu'à ce que le panel entier ait tranché supprime cet effet d'entraînement.

Le superviseur, lui, voit le détail avant l'annonce. C'est ce qui lui permet de repérer un juge systématiquement à contre-courant et d'en tirer les conclusions pour l'édition suivante, sans jamais l'exposer devant la salle.

L'égalité et la contestation

Avec un panel impair l'égalité stricte n'existe pas, mais un duel peut être trop serré pour trancher proprement. La solution la plus lisible est un round supplémentaire, plus court, souvent trente secondes. Le public comprend, les athlètes acceptent, et personne ne discute une décision de table.

Pour la contestation, une seule règle tient. Elle se dépose auprès du superviseur, pas auprès d'un juge, et elle se traite entre deux duels. La décision se motive en une phrase et reste écrite. Un athlète accepte mal une décision, il accepte encore plus mal de ne pas savoir pourquoi.

Questions fréquentes

Trois pour une compétition locale, cinq dès qu'un titre ou une qualification est en jeu. Toujours un nombre impair, et un superviseur au-dessus du panel.
C'est fréquent dans une petite scène et ce n'est pas rédhibitoire, à condition que ce soit annoncé et qu'il ne juge pas les duels de son propre club. Le tableau se compose pour éviter ce cas.
Non. Annoncez le vainqueur, pas le trois contre deux. Le détail nourrit la polémique sans rien apporter, et il expose les juges.
Écrivez la sanction avant l'événement. La plus courante est que rien de ce qui est fait après le temps ne compte, plutôt qu'une élimination qui casse le duel.